Vente du mardi 13 décembre 2011, salle 9
Catalogue avec résultats téléchargeable
(cliquer sur l'image et patientez)

Loïc du BOISBAUDRY, expert en meubles et objets d'art du XVIIe au XIXe siècles. Ventes publiques (Paris, Hôtel Drouot), inventaires en vue de partage, inventaires en vue d'assurance, conseil.
Fine art appraiser for furniture and decorative arts.










Philippe-Joseph Pluvinet, reçu maître à Paris en 1754.
Ce type de siège, également dénommé bergère à niche, bergère en confessionnal, bergère à guérite, ou tout simplement guérite, se rencontre dans la littérature, à travers des copies du XIXe siècle, mais rares sont les modèles du XVIIIe siècle qui subsistent. Un exemplaire approchant, reproduit dans l'ouvrage de Jarry et Devinoy, "Le siège français", 1973, p. 187, est qualifié de "tout à fait exceptionnel".

Biographie : Joseph de Saint-Germain, reçu Maître en 1750, père de Jean-Joseph de Saint-Germain, bronzier.
Modèles similaires au :
- musée du Louvre (OA 10540), reproduit dans "Les bronzes d'ameublement du Louvre", 2004, pp. 78 à 81;
- Victoria & Albert museum, à Londres.

Julien-Nicolas Rivart, ébéniste et bronzier parisien, est l'inventeur du procédé de "marqueterie de porcelaine", un procédé déposé en 1848, qui a disparu à sa mort en 1867, mais qui lui a valu les éloges du jury de l'Exposition universelle de 1855.
La technique se résume ainsi : "une fois le dessin qu'on se propose de représenté bien arrêté, M. Rivart en fait le calibre en bois et l'exécute en porcelaine ; les pâtes sont ensuite replanies et dressées sur la face avec une précision bien exacte ; puis les défauts de découpage corrigés à la meule, elles passent à l'émail et les porcelaines, une fois peintes et terminées, sont incrustées dans le bois ou le marbre." ("Exposition universelle de 1855 : Rapports du jury mixte international", 1856, volume 2, p. 456-457).
L'impératrice Eugénie avait acquis plusieurs meubles de Rivart au cours de Exposition Universelle de 1855, dont un serre-bijoux, actuellement au musée de Compiègne. Un article de "La Revue du Louvre et des musées de France" (année 2003, numéros 5, page 90, n° 28), lié à l'acquisition de ce serre-bijoux, précise, en parlant de Rivart : "on ne connaît actuellement qu'une table de salon décorée selon cette technique (musée national de Sèvres)"; la forme et le décor de cette table sont très proches de la nôtre.

* L'inscription pourrait se traduire : À travers l'art du tourneur Dieu donne la pépite - Écrire et imprimer n'apporte pas beaucoup plus.
Les parties apparemment sculptées de cette boîte ont été en réalité réalisées avec un "tour à portrait", inventé vers 1710 par Andrei Nartov (1693-1756). Le tour à portraits permet de dupliquer des sujets en faible relief, par exemple des médailles, en ivoire, en bois mais aussi en métal. Le tsar Pierre le Grand en avait offert un, en 1717, lors de son voyage à Paris; il avait envoyé un autre à Berlin, en 1718, pour enseigner l'art de tourner à Frédéric-Guillaume Ier de Prusse. Si l'invention fut diffusée rapidement, le nombre d'œuvres issues de ce procédé semble très restreint.
Bibliographie : Phillippovitch, "Elfenbein", 1982, page 405 et suivantes (voir notamment page 406, ill. 357, l'inscription est identique à celle de notre boîte)








(Photo Mathieu FERRIER)





Adjugée 12 600 € (15 120 € avec les frais)
(Photo Mathieu FERRIER & Tanguy de MONTESSON)
Photos de l’Hôtel de Guînes (MH) :
