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29 mai 2010

Paris, Hôtel Drouot
Vente du vendredi 11 juin 2010, salle 4

Catalogue en ligne
avec les résultats
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N° 316 - Chaise attribuée à Jacob Frères

CHAISE à dossier plat en bois finement sculpté et redoré, à frises de flots et de laurier, les pieds antérieurs à cannelures torses et bagues feuillagées, les pieds postérieurs sabre, ornés de feuilles en départ. Dos également sculpté, d’une frise brettée et d’une rosaces en traverse supérieure, d’une frise d’anneaux réunis par des rubans en partie inférieure.
Vers 1795-1800, attribuée à Jacob Frères.
Velours de soie vert accidenté. Nombreuses écaillures.
Marques d’inventaire :
- «TH », fleurs de lys et couronne, dans un ovale (château des Tuileries) ;
- « N° 6950 » au pochoir ;
- « 2470 » au pochoir.
- « P.F.R 8 » au pochoir (marque indéterminée) ;
H. : 98 cm - L. : 48 cm
Adjugée : 56 000 € (67 200 € avec les frais)


(Photo Mathieu FERRIER)

N° 265 - Bureau en laque jonquille de Dubois

BUREAU DE PENTE en vernis Martin, à fond jonquille et à décor de chinoiseries, l'intérieur laqué rouge, la cave secrète aventurinée.
Estampillé IDUBOIS.
Ornementation de bronzes dorés au « C » couronné (1745 et 1749).
Époque Louis XV, entre 1742 et 1749.
Accidents et restaurations au vernis Martin, quelques manques.
H. 91 cm – L. 70,5 cm – p. 45 cm
Résultat : 32 000 € (38 400 € avec les frais)

Jacques Dubois (1694-1763), reçu maître en 1742.

Avec la vogue de la chinoiserie et des laques de la Chine et du Japon sont apparues des imitations dites en vernis Martin, du nom de leur divulgateur, le plus souvent à fond noir, parfois à fond rouge ou vert, exceptionnellement à fond "jonquille", le terme est d'époque. Notre bureau conjugue avec perfection un jeu de lignes épurées et un décor onirique, exécuté principalement en méplat pour parfaire l'imitation des laques orientales. Jacques Dubois était un spécialiste de ces luxueux meubles en laque.


(Photo Mathieu FERRIER)

N° 286 - Bergère à dôme estampillée de Pluvinet

BERGÈRE À DÔME en hêtre repeint crème, les montants légèrement sinueux, les quatre pieds fuselés, cannelés. Le dôme est amovible.
Estampillée P.PLUVINET.
Époque Louis XVI.
Écaillures.
H. 156 cm - l. 76,5 cm
Résultat : 11 500 € (13 800 € avec les frais)

Philippe-Joseph Pluvinet, reçu maître à Paris en 1754.

Ce type de siège, également dénommé bergère à niche, bergère en confessionnal, bergère à guérite, ou tout simplement guérite, se rencontre dans la littérature, à travers des copies du XIXe siècle, mais rares sont les modèles du XVIIIe siècle qui subsistent. Un exemplaire approchant, reproduit dans l'ouvrage de Jarry et Devinoy, "Le siège français", 1973, p. 187, est qualifié de "tout à fait exceptionnel".


(Photo Mathieu FERRIER)

N° 226 - Socle de pendule de St Germain

SOCLE DE PENDULE de forme tombeau, en placage de corne verte et bronze ciselé et doré à décor de treillages, de vases de fleurs et d'agrafes feuillagées.
Estampillé ST GERMAIN avec cachet de jurande.
Bronzes attribués à Jean-Joseph de SAINT-GERMAIN (1719 - 1791).
Époque Louis XV.
Manque le mécanisme.
H. 24 cm - L. 50,5 cm - p. 24,5 cm
Résultat : 45 000 € (54 000 € avec les frais)

Biographie : Joseph de Saint-Germain, reçu Maître en 1750, père de Jean-Joseph de Saint-Germain, bronzier.

Modèles similaires au :
- musée du Louvre (OA 10540), reproduit dans "Les bronzes d'ameublement du Louvre", 2004, pp. 78 à 81;

- Victoria & Albert museum, à Londres.



(Photo Mathieu FERRIER)

N° 271 - Table attribuée à Rivart

TABLE DE SALON en placage de bois de rose et de palissandre, le plateau mouvementé incrusté d'une guirlande de porcelaine formée de roses versicolor, de pois de senteur et de chèvrefeuille. La ceinture présente deux tiroirs d'un côté. Garniture de bronzes dorés cuirassant les pieds cambrés et ceinturant le plateau.
Vers 1860.
Attribuée à Julien-Nicolas Rivart.
Légers accidents.
H. 75 cm - L. 125 cm - p. 78,5 cm
Résultat : 7 000 € (8 400 € avec les frais)

Julien-Nicolas Rivart, ébéniste et bronzier parisien, est l'inventeur du procédé de "marqueterie de porcelaine", un procédé déposé en 1848, qui a disparu à sa mort en 1867, mais qui lui a valu les éloges du jury de l'Exposition universelle de 1855.

La technique se résume ainsi : "une fois le dessin qu'on se propose de représenté bien arrêté, M. Rivart en fait le calibre en bois et l'exécute en porcelaine ; les pâtes sont ensuite replanies et dressées sur la face avec une précision bien exacte ; puis les défauts de découpage corrigés à la meule, elles passent à l'émail et les porcelaines, une fois peintes et terminées, sont incrustées dans le bois ou le marbre." ("Exposition universelle de 1855 : Rapports du jury mixte international", 1856, volume 2, p. 456-457).

L'impératrice Eugénie avait acquis plusieurs meubles de Rivart au cours de Exposition Universelle de 1855, dont un serre-bijoux, actuellement au musée de Compiègne. Un article de "La Revue du Louvre et des musées de France" (année 2003, numéros 5, page 90, n° 28), lié à l'acquisition de ce serre-bijoux, précise, en parlant de Rivart : "on ne connaît actuellement qu'une table de salon décorée selon cette technique (musée national de Sèvres)"; la forme et le décor de cette table sont très proches de la nôtre.


(Photo Mathieu FERRIER)

N° 227 - Curieuse boîte en ivoire

CURIEUSE BOÎTE ronde en ivoire réalisée au "tour à portrait". Le couvercle est orné sur une face de l'effigie du pape Clément XI (1649-1721) avec l'inscription "CLEMENS XI ALBANVS" - le dos du couvercle d'inscriptions en allemand ( "SCHREIBEN VND TRUCKHEN GILT NIT VIL MEHR - DURCH TRAXLER KUNST GIBT GOTT DIE EHR" * ) autour du monogramme IHS - le fond d'une croix avec les attributs de la Passion - le dessous d'une rosace.
Sans doute Nuremberg vers 1720.
H. 2 cm - diamètre : 7 cm
Adjugé : 650 € (780 € avec les frais)

* L'inscription pourrait se traduire : À travers l'art du tourneur Dieu donne la pépite - Écrire et imprimer n'apporte pas beaucoup plus.

Les parties apparemment sculptées de cette boîte ont été en réalité réalisées avec un "tour à portrait", inventé vers 1710 par Andrei Nartov (1693-1756). Le tour à portraits permet de dupliquer des sujets en faible relief, par exemple des médailles, en ivoire, en bois mais aussi en métal. Le tsar Pierre le Grand en avait offert un, en 1717, lors de son voyage à Paris; il avait envoyé un autre à Berlin, en 1718, pour enseigner l'art de tourner à Frédéric-Guillaume Ier de Prusse. Si l'invention fut diffusée rapidement, le nombre d'œuvres issues de ce procédé semble très restreint.

Bibliographie : Phillippovitch, "Elfenbein", 1982, page 405 et suivantes (voir notamment page 406, ill. 357, l'inscription est identique à celle de notre boîte)


(Photo Mathieu FERRIER)